Tout commence en 2008, à Chiang Mai, dans le nord de la Thaïlande : une première machine à coudre, offerte. Découdre, recoudre, redécoudre — et ne plus s'arrêter.
Cette machine-là a voyagé. En 2013 elle arrive à Paris, posée sur une table basse dans un immeuble haussmannien du quinzième, et elle continue de coudre. L'école de mode suit ; la passion prend de la place, il faut déménager. Le nouvel atelier tient dans un couloir, et la machine de Chiang Mai n'y est plus seule : les premières machines professionnelles arrivent.
Puis 2020. Les défilés s'annulent, les missions tombent, et un salon d'appartement devient un salon de couture. C'est l'année où Thaïlleuse est déclarée.
Au bout de dix ans, Paris n'est plus qu'un passage — une histoire d'amour dont on sort en s'aimant encore. Direction la Bretagne, mais par étapes : deux pièces pour les machines d'abord, en Loire-Atlantique ; puis un sous-sol en Bretagne Sud, côté cave, et jusqu'au parking enterré. À chaque fois un peu plus de place, et un peu plus sérieux.
En 2025, l'atelier cesse d'être une pièce prise dans un logement : c'est une maison entière, entourée de son jardin botanique. Dix-sept ans auront passé entre la table basse et la maison de couture.